La main à la pâte a été lancée en 1996 par Georges Charpak, prix Nobel de physique, Pierre Léna et Yves Quéré, tous trois membres de l’Académie des sciences de l’Institut de France, avec le soutien de cette Académie et celui du ministère de l’Education nationale. Il s’agit aujourd’hui d’un programme piloté par la Délégation à l’éducation de l’Académie des sciences, en partenariat avec les Écoles normales supérieures de Lyon et de Paris, et en convention avec le ministère de l’éducation nationale et le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (convention quadriennale renouvelée en février 2009).
► LA DEMARCHE D'INVESTIGATION
La main à la pâte préconise la mise en œuvre par les enseignants d’une démarche d’investigation en classe. Celle-ci articule apprentissages scientifiques, maîtrise du langage et éducation à la citoyenneté. Pour cela, les enseignants soumettent à la curiosité de leurs élèves des objets et des phénomènes du monde qui les entoure, suscitant le questionnement scientifique. Le problème peut être l’identification de variables pertinentes d’un phénomène, une recherche de régularité, la réalisation d’un dispositif, l’explication d’un phénomène, avec éventuellement des prévisions ou des hypothèses à tester, la construction d’une maquette, l’élaboration d’un modèle, chaque démarche ayant sa logique propre et ses exigences. La résolution du problème peut faire appel à de l’observation systématique, à des essais, à une expérience à monter, à une recherche documentaire. Ainsi, les élèves s’approprient progressivement concepts scientifiques et techniques opératoires et consolident leur expression orale et écrite.
► LA MAITRISE DU LANGAGE
La maîtrise du langage est non seulement une attente de la société et des parents, mais aussi une priorité de l'éducation nationale. La pratique d'activités scientifiques en classe contribue à cette maîtrise.
Dans ce contexte, l'enfant peut apprendre à chercher le mot, la forme verbale ou les modalités de langage qui lui permettent de communiquer au mieux ses observations ou ses explications. L'enfant apprend aussi à lire et à produire des graphiques, des tableaux de résultats, des schémas. Dans un contexte souvent multiculturel, l'activité scientifique, parce qu'elle part de phénomènes naturels et d'observations communes à tous les enfants, aide à franchir les barrières de langues et de traditions différentes.
► L'EDUCATION A LA CITOYENNETE
La main à la pâte repose sur une nouvelle forme de partenariats, liens entre la société civile et l'école, unis dans un projet fortement structuré en vue d'apprentissages fondamentaux. Elle veille à associer étroitement les parents aux investigations des enfants. Elle contribue ainsi à retisser le lien social dans la ville, en faisant coopérer les maîtres, les scientifiques, les associations. Les nouvelles technologies s'installent dans les quartiers, au service d'une ambition humaniste, favorisant les réseaux d'échanges et d'entraide entre écoles.
► L'IMPLICATION DES SCIENTIFIQUES
Dans le cadre de l'opération La main à la pâte, la communauté des scientifiques s'est mobilisée pour aider les enseignants à faire, dans leur classe, pratiquer aux élèves des activités scientifiques, sans prendre leur place. Plusieurs modalités de mise en relation entre enseignants et scientifiques se sont développées. L'Académie des sciences soutient cette mobilisation et y contribue.
Documentation:
présentation de La main à la pâte
Lien vers le site de La main à la pâte