"LA MAP", c'est une démarche d'exploration scientifique, fondée sur l'observation du réel, la manipulation, l'investigation (expérimentation accompagnée) et dont l'objectif est une appropriation progressive des notions/concepts scientifiques.
Cette démarche vise à développer en même temps des attitudes, une méthode de travail (démarche expérimentale) et des savoirs.
Ce qui est important, je crois d'abord, c'est la manière d'aborder les problèmes. Quel que soit le sujet traité, il est envisagé dans son environnement réel et global (entier)/la réalité n'est pas trafiquée. Titres : système du corps humain, les changements d'état, les êtres vivants. De là, on construit une sorte d'itinéraire guidé à travers l'exploration de différentes notions utiles pour comprendre le sujet comme un ensemble cohérent, contextualisé et éclairé sous ses différents angles.
Trois étapes pour cela (et je prendrai un exemple après)
Sujet d'étude sur : les déchets (très intéressant pour la sensibilisation à la protection de l'environnement/acquérir des connaissances scientifiques et développer des conduites nouvelles).
Je reprends les 3 étapes :
Je cite (un peu vite) :
Toute cette deuxième étape est longue, elle est à envisager sur six à huit semaines à raison de deux à quatre par semaine.
Cette deuxième étape permet aux élèves de :
qui permet de rassembler, ordonner les connaissances (alors stabilisées), les mettre en lien dans un ensemble cohérent et les mettre aussi en perspective. En l'occurrence ici :
On voit là que le sujet est étudié dans un contexte scientifique réel et global où le sens est préservé.
Assez mal au départ ! (Je plaisante) je veux juste dire par là que ce n'est pas en une séance que vont s'opérer des transformations visibles, évolutions (méthode, conduite coopérative). Pour l'enseignant, il faut se familiariser s'il ne l'est pas déjà, avec des séquences assez dynamiques, où l'on crée en fait un va-et-vient entre les discussions en grand groupe, les phases de travail en petit groupe (par deux par quatre), les phases de confrontation des travaux de groupes et les moments de régulation, bilans ou conclusions collectives.
Rythme Nous avons choisi de concentrer ce temps d'étude sur une période massée : 2 à 4 fois / semaine / 1h ? 1h 15 sur 1 mois et demi ? 2mois environ.
Le schéma d'une séquence est à peu près celui-ci :Il peut y avoir des temps de travail personnel (écriture).
J'ai remarqué que c'est le travail régulier et la continuité des séquences qui portent leurs fruits et qui permettent aux élèves de faire des progrès (méthodes / façon de faire des hypothèses (en avoir même l'idée)/ aptitudes à travailler ensemble. (coopération non naturelle). Le travail par petits groupes par exemple se construit longuement
L'organisation matérielle, la préparation de séances a de l'importance Espace pour stocker le matériel/espace pour l'affichage / définition des rôles aidants qui facilitent le travail de groupe PP. S. N. RM. (responsabilité/partage des tâches/autonomie). Sur un autre plan utilisation de nos emplois jeunes qui nous aident à la gestion matérielle. La séquence est toujours facilitée quand on peut se faire aider d'un accompagnateur.
Le rôle du maître (dans une séquence) est essentiel. Il prépare ? se forme au besoin, stimule les questionnements, aide à la formulation des idées, accompagne les expérimentations, guide les discussions (en faisant réfléchir les élèves) sous-entendu objectifs clairs (!) Et doit user de rigueur dans l'organisation matérielle et sociale (qualité d'écoute préservée ? bruit légitime à des moments d'expérimentations, à d'autres moments pas). Le maître est donc très présent, même s'il est silencieux.
L'élève utilise un cahier d'expérience. Il s'apparente un peu au cahier de chercheurs sur lequel il va noter ce qu'il fait, observe, pense.
Qu'y a-t-il dedans ? (Formes variées selon l'âge aussi) dessins, schémas, légendés/phrase, texte descriptif/compte-rendu d'expérience simple de plus en plus en plus élaboré/texte se construisant vers le type de texte argumentatif ( j'insiste quand même sur "vers" à l'école primaire !)
Bref, tout ce qui a trait au parcours personnel, individuel de l'élève (compris choses fausses et des fautes d'orthographe) qu'il faut distinguer d'ailleurs des traces ayant trait aux synthèses, aux savoirs scientifique justes et construits par la classe que l'on peut, ou non, faire coexister, de façon distincte et repérable, dans le même cahier ou le faire figurer dans un autre cahier.
On voit que la langue écrite sert à décrire, à raisonner et à communiquer son interprétation à autrui. Le cahier est sans doute un outil qui structure puisqu'il impose une mise en ordre des idées (du moins) une transcription. On voit les liens avec l'enseignement du français/par rapport à la langue orale, bien évidemment les élèves ont de maintes occasions d'échanger, ils apprennent à prendre la parole, à discuter des désaccords, à argumenter, ils se forment au débat idées fondé sur le respect des faits et d'autrui (éducation civique).
(juste un mot mais ce n'est pas une question de détails).
Si on accepte cette idée de maturation nécessaire, d'expérimentations organisées sur un long terme, il convient de choisir des sujets stratégiques au sein desquels les quelques notions clefs pour être étudiées telles que "vivant", "énergie", "mouvement", les programmes n'étant pas toujours très explicites là-dessus.
donc :
Il faut penser à :
Le problème sera d'autant plus prégnant au collège puisqu'il y a un clivage disciplinaire, susceptible de rendre plus difficile la réflexion sur le fond (contenus).
Bref, il y a certainement des sujets plus stratégiques que d'autres.
Il faut savoir qu'aux E. U., il y a eu toute une réflexion là-dessus sur la nature des sujets à proposer aux classes primaires; (plus d'expérience que nous dans ce domaine). Il y a eu innovation importante dans la conception d'outils et de documents d'appui, innovation parce que : des équipes de scientifiques, chercheurs, formateurs, praticiens ont uni leurs compétences pour élaborer ensemble des documents susceptibles d'être utilisés par les maîtres, en satisfaisant les exigences de chacun Ca fait réfléchir à une autre conception de l'outil du maître.
Associer dès le départ les praticiens (pédagogues) me paraît particulièrement intéressant quant à la réflexion sur les outils et leurs élaborations.
Il faut des documents garantis scientifiquement, un enchaînement (base) construit des séquences et du matériel.
que je distinguerai du grand mot évaluation
Pratique vraie de la langue, communication authentique créée (mis en place de conditions de l'échange)/les compétences langagières seront à évaluer (syntaxe, vocabulaire).
Mais déjà, sur la forme, les élèves apprennent à se repérer dans leur discours :
Sur le fond, les élèves relativisent davantage leurs propos.
Un collègue faisait remarquer que les élèves débutaient plus souvent leur phrase par " je pense que peut-être... " et cela même dans les autres disciplines ( à ne pas généraliser). Un travail fondé sur le respect des faits et de la preuve permet d'apprendre à relativiser, faire preuve d'humilité et porte ses fruits sur le long terme.
Non pas que "LA MAP" forme des citoyens exemplaires immédiatement : à raison de trois heures par semaine, je crois que dans les quartiers difficiles c'est une exigence à tenir et des efforts à faire six heures par jour; mais cela dit, à chaque fois que l'on peut ancrer les débats, les désaccords sur des questions de savoirs et sur un sujet universel distancié de la personne est très efficace pour désamorcer les conflits.
(Exemple : exagérations /résultats contrariants) On peut espérer que la multiplication de ces moments de débat non institué sur du vide... auront des effets.
On note en tout cas des progrès nets (en assez peu de temps) sur la qualité de la schématisation (les élèves se sont exercées à observer, souci de rigueur, de vérité, de détail)
Ici ou là, quelques cas de raccrochage scolaire grâce à "LA MAP" d'élèves en difficulté. C'est certainement une entrée propice (manipulation).
C'est une entrée aussi pour nouer ou renouer le dialogue avec les familles : les questions liées aux expériences, la fabrication, la technologie, le savoir-faire peuvent trouver un écho à la maison. Travail à la maison (modules)/sollicitation/refaire à la maison/exposition interactive où l'on met les parents en situation de manipuler, manipuler pour comprendre) ... C'est une appropriation active et concrète de l'école.(pour la lisibilité des apprentissages)--On a eu quelques succès d'échange et de rencontres avec cette entrée des sciences.
Il reste du travail à faire, après l'engagement des collègues, il y a l'accompagnement du projet, un travail sur le fond (contenus), sur l'évaluation et je ne dirai pas qu'en milieu difficile, LA MAP" à elle seule résoudra tous les problèmes. Par contre, je suis sûre que si cette démarche est mise en système ou en synergie avec tout le reste de notre enseignement, et ça nécessite rigueur/cohérence/continuité dans les équipes et beaucoup de travail d'équipe à tous les niveaux, ce pourra être un vrai progrès pour tous.
Bref, il faut rester mesuré. Ca n'empêche pas d'être passionné ! Car il y a de fortes raisons d'y croire...
Il permet de mettre en dynamique (les choses entre elles) c'est-à-dire les apprentissages entre eux.
On voit les liens évidents, naturels (maîtrise la langue/éducation civique et d'autres...) ce qui donne cohérence et sens à l'enseignement; on peut faire aussi parfois en maths, technologie, arts plastiques.....
Bref, tout ce qui constitue un ensemble de ressources autour des élèves, des enseignants (pour plus de réussite). L'école n'est plus isolée ni n'est le lieu unique du savoir, c'est une mise en dynamique et en système.
On parle d'appropriation progressive, d'éviter la formalisation prématurée, cela me semble positif. On constate au niveau des savoirs que ce qui est acquis, l'est plus sûrement. Je souhaiterais qu'on étende cette conception à tous les apprentissages
"LA MAP" est en elle-même une réponse naturelle à la gestion de l'hétérogénéité. L'enseignant n'a plus / n'a pas à adapter son enseignement, à différencier les tâches et les fiches. Car la nature même de l'activité permet une appropriation différenciée des élèves quelque soit le sujet traité, le problème posé,